On ira tous en Normandie, toi et moi !

Le soleil et un petit air de Polnareff vont porter nos joueurs et une sacrée bande d’ujapophiles jusqu’au Havre. Nos béliers y affronteront l’équipe contre qui tout avait commencé cette saison, un certain samedi 14 octobre. Que l’on soit du voyage où qu’on soit retenu à Kemper, à Québec, à Lyon ou à Plouégat-Guérand, nous serons en communion avec l’équipe de Laurent Foirest. Nous saurons leur transmettre nos encouragements et les porter vers une victoire synonyme de maintien. La saison entière peut devenir une belle réussite. On pourra se remémorer les moments difficiles et douloureux auxquels nous aurons su faire face.

Le Havre joue un match « a la muerte » contre nous. En cas de défaite, ils descendront en Nationale 1. Ce serait pour eux un choc incroyable tant cette équipe est habituée au basket de haut niveau depuis des années. Ils jouaient en Pro A de 2001 à 2016. Pour éviter un tel cataclysme, ils ont fait appel à Kris Joseph, le Québécois. Cet habitué de la Pro A, passé par les Celtics et les Nets en NBA n’a pas tardé à trouver ses marques en Pro B. Dans la victoire contre Orléans, il a signé une magnifique évaluation de 28 ! Le STB espère avoir trouvé en lui l’arme absolue pour se sauver.

J’aurais aimé vous rassurer, vous dire que l’on va gagner et que nous serons de retour en Pro B l’an prochain. Hélas, je ne le sais pas moi-même. Pourtant, comme je vous l’avais raconté lors de la présentation du match face à Poitiers, « les voyants sont au vert », j’ai tenté de renouer le contact avec un voyant écolo rencontré il y a une semaine. Je vous rappelle les faits :

Yann mon collègue et moi-même nous étions rendus dans un salon de la voyance la semaine dernière dans l’espoir d’être rassurés quant au match de samedi dernier. Après quelques voyantes qui nous faisaient de l’œil, communément appelés des voyants clignotants, nous avions croisé un voyant aveugle. Nous ne nous étions pas arrêtés car il s’agissait d’un voyant non-voyant. Nous avions par contre pu étancher notre soif de savoir auprès d’un voyant vert.

Bon nombre d’entre vous souhaitaient connaître les prédictions que nous avions recueillies. Hélas, ces informations étaient tenues au plus grand secret. Imaginez qu’un seul des joueurs de samedi eut connu le déroulé du match avant de le jouer. Aurait-il mouillé le maillot ? Se serait-il donné avec autant d’allant ? A l’image d’un grain de sable dans un merveilleux plat de moules, cette information aurait suffi à casser les dents de l’UJAP. Donc, motus et bouche cousue !

Le voyant vert nous avait dit qu’il voyait beaucoup de monde. Ha ça, on pouvait le prévoir nous aussi. La salle Michel Gloaguen ne désemplit pas depuis plusieurs mois. Il nous avait également parlé d’un retour inattendu. Restait à savoir s’il s’agissait de Kammeon ou d’Efe. Il ne pouvait pas nous apporter beaucoup plus de précisions car il se limitait à nous dire qu’il était grand et black. Il s’agissait bien d’Efe, remis de sa fracture de fatigue en un temps record. Après un coup de fil au chirurgien qui l’a pris en charge, ce dernier nous a confié que le traitement avait été on ne peut plus simple. Il consistait à faire écouter ce vieux tube : https://www.youtube.com/watch?v=vWjp65PONGc toutes les 30 minutes pendant 3 jours. « Si le patient réagit bien, les résultats peuvent être exceptionnels » avait-il ajouté. En grand mélomane, inutile de dire qu’Efe fut sur pieds et apte à dunker pour le match de samedi.

Le début de match était à sens unique. La traction arrière poitevine nous faisait le plus grand mal et se jouait d’une défense beaucoup trop laxiste. L’écolo-voyant nous avait dit que le départ serait mauvais, qu’un joueur adverse serait en feu. En feu ? Tu l’as dit bouffi ! Anthony Goods avait marqué 20 points en un seul quart-temps. Il était donc sur la base d’un match à 80 points ! Cette léthargie défensive et cet écart de 20 points peu avant la fin du premier quart nous faisait craindre que le résultat eut été dévoilé. La prédiction tomberait alors à l’eau.

Mais non, nos gars se ressaisissent comme prédit et recollent aux basques de Poitevins pour qui tout est à refaire. Les pauvres joueurs de Rudy Nelhomme ! Je serais bien allé leur dire que cela ne servait à rien, que le résultat était scellé, qu’ils n’y pourraient rien. Mais je ne l’ai pas fait. Ils m’auraient d’ailleurs pris pour un illuminé et probablement appelé la sécurité de la salle. Je suis donc resté tranquille.
Mes voisins de gradins devenaient bleus parfois lorsque Poitiers reprenait l’ascendant ou que l’arbitre sifflait d’une manière légèrement discutable. Sur ce point précis, après la farce arbitrale de mardi dernier, nous avions demandé des précisions à notre écolo-devin. Il nous avait garanti un arbitrage juste. Il ne s’était pas trompé. De toute manière, Monsire avait un King face à lui, et entre nobles, il paraît qu’on se comprend.

Certains spectateurs se sont agacés du dunk sur la tête d’Efe. Moi j’ai trouvé ça magnifique, digne d’un slam-dunk contest. Mais c’est vrai que tu ne réagis pas de la même manière lorsque tu connais le résultat. L’UJAP navigue à quelques encablures des Poitevins. Il y a entre 5 et 9 points d’écart tout au long du dernier acte. À 2mn15 de la fin, nous sommes menés 64-73. Beaucoup de spectateurs semblent prêts à se résigner. Le voyant vert nous avait parlé de deux hommes qui changeraient le cours du match. Sous forme d’image il mentionna un loup et un lion. Pour le loup, je devinais aisément de qui il s’agissait. Pour le lion, roi des animaux, ce fut assez facile aussi.

C’est d’abord le roi Bernard qui entre en scène dans ces folles 135 dernières secondes. Il va scorer 8 points consécutifs pour recoller à un petit point. Goods redonne de l’air aux siens mais Kevin rentre deux lancers-francs à 9 secondes de la fin (74-75). Temps-mort. La remise en jeu sera poitevine. Mon voisin de droite, patron-dj d’un discothèque qui organisait une soirée spéciale pour les bénévoles ce samedi soir était inquiet. J’ai pris la liberté de la rassurer. « En temps normal, on devrait faire faute deux fois pour les amener sur la ligne des lancers-francs, mais là, une bonne défense aggressive peut suffire. Et bingo ! (sans trop de mérite), Paul-Loup, avec son instinct de chasseur vole autoritairement la balle et envoie le roi effectuer un lay-up accrobatique d’une rare beauté. Le ballon rentre, la faute est sifflée. Le lancer qui suit rentre lui aussi. La dernière possession poitevine ne changera rien.

Qu’il était beau ce match ! Quel spectacle d’anthologie ! Je n’ai qu’un seul regret. Je ne retrouve plus la carte de visite du voyant vert. J’ai du la perdre dans la salle samedi soir. Elle était dans un petit cahier rouge dans lequel j’avais gribouillé quelques notes. Si quelqu’un la trouve, qu’il me contacte… Quand tu goûtes au savoir, tu ne peux plus rester dans l’ignorance.

Et pour ce soir, je suis ignorant. Pas le début d’une piste mais j’imagine bien Bernard King régner sur ce match. Je vois bien Thomas distribuer des caviars divins face aux joueurs de Saint Thomas Basket. Il y aura un facteur X dans nos rangs, que ce soit Paul-Loup, Maxime, Kevin, Bozo ou Mathieu. Efe martirisera les arceaux des Docks Océanes et Jean-Dieudonné fera parler sa puissance physique.

Ce soir se joue une finale, et il n’est pas question de la perdre !

War-raok an UJAP ! Betek an trec’h !