Orléans c’est du passé. Ce soir c’est déjà Denain !

Mardi soir, pour la venue d’Orléans, je retrouvais un ancien collègue de gradin de la salle Gloaguen. Cet ancien partenaire de l’UJAP, émigré au Canada pour y tenir un hôtel était en voyage éclair sur ses terres. Il était de tous les matchs, jadis et c’était rafraîchissant d’avoir un œil neuf sur notre équipe Comme je vais probablement le citer à diverses reprises, par décence, je tairai son nom pour ne pas le mettre mal à l’aise.

– C’est qui ce soir ? me demande-t-il.

– C’est Orléans, Jocelyn.

– Et ils sont forts ?

– Ben carrément mon petit Benouari, ils sont en tête de la ligue avec un effectif à faire pâlir d’envie certaines équipes de Pro A.

– Tabarnak (il tient un hôtel à Québec et avec les années, il s’est naturellement imprégné du parler local), on va quand même pas manger une volée hein !

– On verra mais ce serait un authentique exploit de gagner contre eux. C’est du très lourd !

– Oué, c’est parti pour du heavy weight !

On prend place avec son fils en tribune et le match démarre sur les chapeaux de roues pour les joueurs de Germain Castano : 3 à 15. Nos joueurs n’étaient pas bien calés dans leurs starting blocks. J’entends un petit « on va manger une volée, je te dis ! », mais nos guerriers s’accrochent et sur un joli tir de Paul-Lou Duwiquet, reviennent à 6 points. Hélas sur un tir au buzzer de Curier, les Orléanais reprennent leurs distances. « Qu’est-ce-qu’ils sont badluckés quand même » me dit l’ancien Concarnois. Le deuxième quart ne sera pas plus clément pour la bande de Laurent Foirest. Halilovic, McAlarney et Abreu font mal et permettent aux leurs de regagner les vestiaires avec un matelas très confortable (32-48).

Si ils avaient pu en profiter pour s’y endormir, ça aurait arrangé nos affaires. Mais ça n’a pas été le cas. « Les gars, ils mangent leurs bas » me dit mon voisin. Je ne relève plus. Mon autre voisin répète à tue-tête « pour la beauté du sport ! ». C’est une belle phrase me dis-je. Le trou au score devient un fossé lorsque Marc Judith, sur un trois points, porte l’écart à 24 points (34-58) à la 23ème minute. Mais, miracle de la tectonique des plaques, Mathieu, notre capitaine, va se démultiplier et permettre aux nôtres de se rapprocher. Mon Québécois s’agite. « Oué c’est bon ça. C’est un sacré zoulou le numéro 8 ! ». Un zoulou ? Mathieu ? Me voyant interdit, mon voisin m’explique que ça signifie que c’est un costaud, un balèze.

Mathieu le sera jusqu’au bout, zoulou. Et Paul-Lou, un sacré loulou. Mais en face, c’était Orléans avec ses Sommerville, MacAlarney et Halilovic. On a de nouveau entrevu l’exploit en fin de match, lorsque nos courageux joueurs se sont rapprochés à 11 points à 3mn27 de la fin. Hélas, mon voisin d’Outre Atlantique, qui y aura cru jusqu’au bout, doit accepter la défaite. Tabarnak ! Mon autre voisin balança un dernier « pour la beauté du sport » bien senti.

Je fais un bec à mon poto du Québec. Il me confie qu’il suivra l’équipe de près via dailymotion. Il a vraiment adoré.

Il pourra suivre le match de ce soir. Comme nous tous. Les joueurs sont de nouveau à pied d’œuvre à Denain, dans la banlieue de Valenciennes. Ils nous doivent une sacrée revanche ces Denaisiens. Ils étaient venus s’imposer d’un tout petit point en fin de match chez nous. Une défaite qui nous avait fait particulièrement mal. Et nos gars comptent bien se venger. Mais Denain est costaud. Il faudra toute la fougue et la rage de notre duo de jeunes meneurs pour s’opposer à l’expérience de Poupet et à la justesse de Threatt. On aura à nouveau besoin d’un grand Tensorer et d’un Paul-Lou à fond. Kammeon et Kevin vont devoir s’arracher en défense face à Goulbourne. On aura aussi besoin d’un King des grands soirs pour nous ramener la victoire. Bref l’ensemble de l’équipe devra être à son top-niveau.

On compte sur eux. On les soutient ! Une première victoire en mars… et ça repart !